lundi 3 décembre 2012

PARADISI Aldo (105)


(La piscine à l'intérieur de l'hôpital)


 


Malade de 19 ans, de nationalité italienne et s'exprimant dans un français moyen.
Il dort souvent et à ces moments-là, il est trempé de sueur, on dirait qu'il a passé à la douche tout habillé tellement il transpire quand il est couché.
Il déclare qu'il veut casser la figure à tous les employés et quand on le reprend sur ce sujet, il semble ne pas savoir de quoi on parle.
Quand on lui présente ses médicaments, il dit non et si on insiste il les prend sans difficultés.
Ne se rend pas compte où il est et parfois il va même boire dans les verre des visites même s'il ne connait pas les gens qui sont là.  
       
26 décembre 1961

Source image : P. De Constanza 

  

DUPONT Constant (103)







 



Il a une trentaine d'années, visage sympathique aux yeux hagards et fuyants quand il regarde quelqu'un.
Parfois, il déplace tout dans sa chambre et se dissimule derrière son lit car, dit-il, il y a une femme qui veut lui faire du mal ou alors qu'il y a des rats dans sa chambre et qu'il les fait partir.
On peut parler avec lui, il tient un moment la conversation puis tout à coup ses yeux expriment de la peur et ses tremblements s'accumulent encore.
S'il sort  de sa chambre, quand il revient, il ne la retrouve plus et il se couche dans la première chambre ouverte.
Ne semble pas savoir où il est car il déclare souvent qu'il s'en va dire bonjour chez ses parents ou à ses copains, va jusqu'au bout du couloir et revient et n'en parle plus.
       
22 décembre 1962

Source image : The Telegraph 

  

LAPORTERIE Albert (102)





 
Malade de 50 ans au visage bouffi, gras, chauve presque en totalité. Il est grand et sa démarche est lente.
Ses journées à l'hôpital sont toutes pareilles : il se lève de bonne heure, fait sa toilette le premier ensuite s'assied au fond de la salle et attend là l'heure du repas.
Le soir, à 7 heures, il est au lit.
Il est très propre dans sa tenue et sur lui-même.
Quand il nous parle, il est très poli et s'exprime dans un français impeccable.
A table, il fait les parts pour chacun et s'il en manque, il vient réclamer lui-même.
Il ne s'occupe à rien, il est assis dans la salle et regarde tout ce qui se passe et si un autre fait une chose qu'il ne peut pas, il le lui dit, et même si un malade de sa table ne mange pas, il nous le signale aussi.     
       
21 décembre 1962

Source image : 20th.ch 

  






SAROT André (100)


(Le rangement des médicaments à Lommelet)


 

Malade de 40 à 50 ans, au visage bouffi, au regard amorphe et ne parlant ni ne bougeant pas.
Il est dans sa chambre toute la journée, il faut le lever le matin et l'envoyer faire sa toilette, le peigner et ensuite l'assoir pour la journée ou le mettre au lit ; il faut l'installer pour le repas et lui mettre sa serviette au cou, car il bave beaucoup.
Il a une respiration bruyante mais ne se plaint jamais. Il reste prostré debout, se tenant les deux mains. Parfois ses mains s'agitent, on dirait qu'il bat un jeu de cartes. 
Il n'est pas très propre et même s'il est souillé, il ne demande pas pour se changer et attend qu'on le voit.         
19 décembre 1962


Source image : Virginie Rooses 

  


LEROUGE Jean (99)




 
Il est très jeune, 19 ans, de taille moyenne, au visage maigre, aux yeux interrogateurs et semblant regarder très loin.
Ne semble pas savoir où il se trouve car il me demande pourquoi j'ai une blouse blanche et quel métier je fais.
Parle facilement du temps qu'il fait dehors mais on relève une note de tristesse dans ses paroles à ce moment-là.
Il voudrait s'occuper dans le service mais il n'est pas stable, il travaille un peu puis on le retrouve dans un autre coin assis, à s'occuper à un autre travail.        
      
10 décembre 1962

Source image : Bourse Confection